Le dessin a toujours fait partie de ma vie, mais sa place dans celle-ci a bien changé au gré des années et j’avais envie de vous raconter un peu tout ça ici. Moi c’est Emma, je suis une artiste peintre normande spécialisée dans les aquarelles de paysages, je peins surtout la Normandie où je vis, mais avant de me consacrer aux aquarelles de paysages, je suis passée par plusieurs styles différents.
Mon rapport au dessin de l’enfance à l’âge adulte
J’ai toujours dessiné
Comme la plupart des enfants, je dessinais déjà quand j’étais petite. Avec mes frères, c’était assez courant que l’on se mette tous les trois à table pour dessiner. Mon petit frère en a d’ailleurs également fait son métier. J’ai rarement vu mes parents dessiner, mais ils ont toujours été sensibles à l’art. Nous allions souvent visiter des expositions lorsque l’on partait en voyage.
J’ai pris plusieurs cours de dessins pendant mon enfance et mon adolescence, mais également d’arts plastiques de manière générale. J’ai toujours été une enfant très créative et manuelle, en témoigne le placard plein à craquer de loisirs créatifs que nous avions à la maison.
Lorsque j’étais enfant et adolescente, je dessinais beaucoup de personnages féminins, ce qui est assez étonnant, car je peins maintenant surtout des lieux et des paysages et ne suis pas très à l’aise avec le dessin de personnages. J’ai retrouvé récemment certains de mes dessins et j’aimerais bien me rappeler ce qui m’inspirait quand je dessinais à cet âge-là, parce qu’ils étaient très différents les uns des autres. Je crois que j’aimais beaucoup expérimenter des techniques différentes.
J’ai continué à dessiner pendant le lycée et j’ai eu la chance de pouvoir choisir l’option Arts plastiques dirigée par un professeur passionnant très à l’écoute de ses élèves. Évidemment, au lycée, on se questionne sur le métier que l’on aimerait faire plus tard. Je savais que je voulais un métier créatif où le dessin avait une place importante. À l’époque je n’envisageais pas du tout d’être artiste, je voulais simplement me servir du dessin pour quelque chose d’« utile ». J’ai donc choisi de faire des études de Design en me disant que mes compétences en dessin pourraient me servir en graphisme ou dans un autre domaine du Design.
Le dessin pendant mes études de Design
Après le bac, je suis donc entrée en MANAA (Mise à Niveau en Arts Appliqués) et la plupart de mes cours tournaient autour du dessin. Que ce soit en cours de dessin réaliste, de perspective ou d’histoire de l’art, on dessinait toute la journée. Je me rappelle très bien des premiers devoirs qu’on a eu à faire à la maison. J’avais fait un bac scientifique sans être passionnée de sciences et pour moi les devoirs étaient quelque chose de plutôt ennuyeux. Là je me retrouvais à dessiner en guise de devoirs à la maison, je trouvais ça tellement bien ! J’ai adoré mon année de MANAA, je n’ai jamais autant progressé en dessin que pendant cette année, mais j’en ai eu vraiment marre à la fin. Je n’ai plus dessiné pendant plusieurs mois parce que cela m’avait momentanément dégouté du dessin.
Puis j’ai repris petit à petit.
J’ai continué mes études en Design d’espace. C’est assez vaste le Design d’Espace, nous avons abordé la scénographie, l’architecture intérieure, mais aussi le paysagisme. J’étais particulièrement intéressée par la scénographie parce que j’aimais créer une atmosphère particulière, une ambiance. Je pense qu’en cela, ce n’est pas si loin de ce que je fais aujourd’hui. Mais la partie technique, la construction, m’intéressait assez peu.
Et après les études ?
J’ai travaillé un petit peu en freelance en scénographie après mes études. J’avais fait le choix de faire d’étudier le Design en pensant que ce serait plus facile de trouver du travail qu’en ne faisant que du dessin, mais je me suis rendu compte que ce n’était pas vraiment le cas. La partie créative n’est finalement pas si présente dans ce métier. J’ai adoré mes études, mais la réalité du métier est toute autre.
Je me suis donc dit « quitte à devoir me battre pour vivre de mon métier, autant que ce soit dans ce qui me passionne vraiment », à savoir : le dessin.
Mais je n’avais pas encore tout à fait à l’idée d’être artiste.
Pourquoi pas l’illustration ?
En études de Design, on vous rabâche que chaque choix graphique doit être réfléchi et argumenté. Faire quelque chose de beau juste parce que l’on trouve ça beau, ça ne suffit pas.
Alors je me suis tournée vers l’illustration, toujours dans cette idée que le dessin doit « servir à quelque chose ». Je voulais vraiment illustrer des livres, pour enfants par exemple. J’ai envoyé plusieurs dossiers d’édition sans succès.
Mais j’avais un problème : j’étais plus à l’aise en noir et blanc et je n’étais pas très douée en dessin de personnages. Pour illustrer une histoire pour enfant, ces deux choses me paraissaient comme des freins. J’imaginais mal illustrer une histoire sans dessiner des personnages. Je me suis donc entraînée à représenter des personnes, mais je pense qu’on a tous chacun des choses qui nous parlent plus que d’autres et malgré mon entrainement pour dessiner des personnes, cela reste quelque chose qui ne me vient pas naturellement et que j’apprécie peu.
Peindre les paysages qui m’entouraient
J’ai mis un peu en pause ce projet d’illustration pour partir faire une saison à Chausey, une île en Normandie et à ma deuxième saison là-bas, j’ai voulu peindre les paysages que je voyais. J’ai commencé l’aquarelle qui était une technique que je n’aimais pas trop à la base. J’avais vraiment du mal avec la couleur, je trouve qu’au début c’est très compliqué de créer une composition harmonieuse en couleur. Mais j’ai continué parce que les paysages que je voyais étaient vraiment magnifiques et j’avais envie de les représenter. Et je dois dire que cela me faisait beaucoup de bien de peindre pendant mes pauses.
J’ai fini par faire une exposition là-bas l’année suivante, en 2023. À ce moment-là, j’ai eu comme un déclic. Je me suis rendu compte que je pouvais simplement peindre des paysages, que le dessin pouvait se suffire à lui-même et n’était pas obligé de servir autre chose.
C’est à ce moment-là que j’ai compris que c’était vraiment cela que je voulais faire, peindre ce qui me plaisait et que je trouvais beau, tout simplement.
Je me suis donc lancée dans les aquarelles de paysages normands, j’en ai fait ma spécialité qui s’est un peu imposée naturellement. J’aime peindre les beaux paysages de ma région, je ne m’en lasse pas, mais je sens bien que mon rapport au dessin a beaucoup changé depuis que j’en ai fait mon métier. Je sens que je me permets beaucoup moins d’expérimenter alors que j’ai toujours adoré tester des techniques différentes.
L’évolution de la place du dessin en tant qu’artiste professionnelle
Quand ma passion est devenue mon métier
Je me suis concentrée sur l’aquarelle de paysages et bien que j’aime cela, je sens que je ne me permets pas assez d’expérimenter. J’ai quand même commencé à essayer la peinture à l’huile, mais j’ai toujours dans un coin de ma tête l’idée qu’il faut que je peigne ce qui va plaire, en d’autres termes ce qui va pouvoir se vendre. Je pense que les gens qui ont fait de leur passion leur métier comprendront ce sentiment. À mon sens, ça tue un peu la légèreté qu’on avait à simplement créer pour soi, pour le plaisir de créer. J’aimerais retrouver ça. Je passe toujours un bon moment à peindre évidemment, mais ce n’est pas dans le même état d’esprit.
Mon fil rouge, mon identité
Le dessin c’est vraiment quelque chose qui a toujours fait partie de ma vie et qui en fera probablement toujours partie. C’est une part importante de mon identité. Lorsque je n’ai pas pu peindre pendant plusieurs mois, j’ai eu la sensation de perdre une partie de mon identité. Je n’arrive pas tellement à expliquer ce qui me plait tant dans le dessin. On m’a souvent dit que c’était une manière de s’exprimer, mais honnêtement je ne suis pas certaine de ce que ça veut dire.
Mon plaisir à dessiner, c’est avant tout un plaisir du geste, ça part vraiment de là, de la satisfaction à jouer avec la matière, la transformer en quelque chose d’autre, en faire du beau. C’est quelque chose que j’ai toujours aimé, que ce soit en dessin ou dans toute autre activité manuelle créative. Le fait d’avoir une idée visuelle dans sa tête et de la matérialiser avec de la matière que ce soit dans de l’argile ou avec de l’eau pigmentée et du papier comme à l’aquarelle. Ça veut peut-être juste dire ça s’exprimer.
Ce qui m’a donné envie de continuer à peindre c’est aussi un souci de précision, d’aller le plus loin possible dans la précision de mes dessins. Mais je sens qu’au bout d’un moment je vais ressentir le besoin de revenir à des choses un peu plus expressives. La maîtrise d’une technique est quelque chose que je respecte beaucoup en art, et j’avoue ne pas être très sensible à l’art abstrait de manière générale. Mais certains artistes de paysages arrivent à créer des espaces de manière très expressive et j’aimerais m’en inspirer, notamment lorsque je peins le ciel. Je pense qu’en laissant plus de place au ciel dans mes aquarelles, je peux être plus expressive et créer des œuvres avec davantage de mouvement et de vie, tout en gardant certains éléments figuratifs pour que l’on reconnaisse un endroit.
Voilà où j’en suis dans mes réflexions concernant le dessin et la peinture. J’aimerais beaucoup entendre les vôtres, que vous dessiniez ou non. Qu’est-ce qui vous plait chez un artiste ? Vers quelles œuvres êtes-vous davantage attiré ? Dites-moi tout ça en commentaire, je serai ravie d’en discuter avec vous !
J’espère que cet article vous aura plu. Si vous aimez mon style et que vous souhaitez offrir ou vous offrir une aquarelle sur mesure, n’hésitez pas à me contacter par ici !